LES 6 QUESTIONS DE L’OBJECTIF PNL

La PNL – programmation neuro-linguistique - est une discipline que j’aime car elle déclenche en quelques questions précises des prises de conscience et avec quelques protocoles des changements remarquables. Ce n’est pas miraculeux : elle est née de la modélisation de thérapeutes extraordinaires.

Pourquoi définir un objectif ?

« iI n’y a pas de vent favorable à celui qui ne sait pas où il va » Sénèque.

Le modèle de l’objectif PNL est l’un des piliers de la PNL car il permet le changement : il apporte la dynamique de passer d’un état présent dont on ne veut plus vers un état désiré que l’on veut atteindre. Pour y parvenir on va à la fois trouver les ressources nécessaires et on va également supprimer les obstacles.

Aujourd’hui je souhaite revenir sur un outil phare et essentiel à tout accompagnement en coaching ou en psychothérapie : LE MODÈLE DE L’OBJECTIF EN 6 QUESTIONS.

Les 6 questions

  1. Qu'est ce que je veux FAIRE = je veux VERBE + COMPLEMENT d'ici le DATE (moins de trois mois).
  2. Est-ce que cela ne dépend que de toi ?
  3. Qu’est ce que cela t’apportera de plus important ?
  4. A quoi sauras-tu que tu as atteint ton objectif ?
  5. Y a-t-il un inconvénient à atteindre cet objectif ?
  6. Y a-t-il un obstacle à atteindre cet objectif ?

Question 1 : QUE VEUX-TU FAIRE ? (et non que veux-tu ?)

1ère étape : définir ce que l’on veut

Testez cette question auprès de vos proches. « Si une fée clochette ou un génie arrive dans ta vie et te demande : que veux-tu ?, tu as le droit à un unique vœu. Que lui répondrais-tu ? ».

Vous allez être étonné/e : la majorité d’entre nous ne savons pas répondre spontanément à cela. Quelque soit notre situation de vie. Nous aurons des réponses comme « je ne sais pas ». « Tu m’en demandes trop ». Ou alors nous allons énumérer au moins 15 idées… Certains vont réussir à vous formuler ce qu’ils ne veulent plus. C’est un premier pas.

Puis avec une grande satisfaction beaucoup donneront des grand vœux très conceptuels comme « je veux être heureux », « je veux avoir confiance en moi »…

Le travail du thérapeute ou du coach va être de guider la personne vers une réponse précise, formulée affirmativement et définie dans le temps et l’espace.

L’objectif « je veux être heureux » va être examiné pour cheminer vers ce but en répondant positivement aux différents critères qui y mènent. L’un d’entre eux deviendra surement un premier objectif réaliste et réalisable, contextualisé. Par exemple « je me réveille le matin en souriant à ma journée », « j’organise mon agenda pour mieux équilibrer mes temps en famille et mon temps au travail « …

2étape : privilégier un objectif avec un verbe d’ACTION

Mon expérience de coach m’a démontré que la question « QUE VEUX-TU FAIRE ? » est plus appropriée pour de nombreuses situations : pour qu’il y ait changement, il y a un process à mettre en place pour aller du point de départ au point d’arrivée. Il va falloir se mettre en actions et agir pour atteindre son objectif.

3ème étape : se donner un délai

Et pour que l’objectif soit réalisé, il sera important de garder une haute motivation. Aussi il est nécessaire que cet objectif, quitte à l’inscrire dans un projet plus grand et à plus long terme, soit dans un délai de 2-3 mois. Le temps d’un accompagnement en coaching et/ou d’une belle avancée en thérapie.

4ème étape : formuler un objectif imagé

Même si le cerveau comprend la négation ou des phrases complexes, pour qu’un objectif soit intégré et que nous puissions l’atteindre, nous devons en avoir une représentation imagée.

« Je veux obtenir mon diplôme en juin 2026 » : la personne se voit tenir son diplôme lors de la soirée de remise. « je veux maigrir » devient « je rentre dans mon ancien pantalon bleu d’ici le 29 juillet, pantalon dans lequel je rentrai quand je pesais 55 kilos ».

5ème étape : le vivre

Tout au long du questionnement de l’objectif, le thérapeute prendra soin de faire ressentir à la personne les différentes réponses qu’elle apporte pour qu’elle puisse valider – ou pas – son objectif.

Par exemple, une personne qui vient en hypnose pour arrêter de fumer et qui garde une visage fermé en se visualisant dans une soirée sans cigarette aura bien plus de difficultés à tenir son objectif qu’une autre qui sourira à s’imaginer épanouie et joyeuse, les mains libres de toute cigarette ou objet de remplacement dans un moment convivial.

Beaucoup de personnes qui osent franchir la porte d’un coach ou d’un psychothérapeute découvriront que leur véritable objectif n’est pas celui pour lequel elles consultent. C’est tout l’intérêt de ce puissant outil de l’objectif PNL.

En résumé,

l'objectif doit être formulé de manière affirmative, concrète et inclure un verbe d'action.

  • Temporalité : Fixez une échéance proche (moins de 3 mois) pour maintenir la motivation.
  • Spécificité : Remplacez les concepts flous (ex: "être heureux") par des indicateurs précis et contextualisés (ex: "équilibrer mon agenda famille/travail").
  • Visualisation : Créez une image mentale nette de la réussite (ex: "se voir tenir son diplôme").

Question 2 : EST-CE QUE CELA DEPEND DE TOI ?

La personne va devoir affiner ce qu’elle veut pour convenir d’un objectif réaliste et réalisable, contextualisé qui dépend 100% d’elle.

Par exemple « je veux être diplômée » ne dépend pas d’elle mais aussi …des professeurs. Ce qui dépend d’elle est d’apprendre, réviser, gérer sa confiance en elle… Autre cas très fréquent : « je veux que mon mari participe davantage à la maison aux tâches ménagères ». Personne n’a le pouvoir de faire changer l’autre. Cette seconde question peut déclencher plusieurs séances en psychothérapie car trop souvent on souhaite que les autres changent alors que le changement viendra de soi et de ce que l’on met en place pour modifier ses croyances limitantes, ses processus de réflexion, sa perception des situations et comment on passe concrètement à l’action dans sa vie pour la transformer.

En revanche, on peut modifier sa propre perception et gestion d’une situation qui ne nous convient pas pour trouver des solutions nous concernant, indépendamment de l’autre. En modifiant nos paramètres, on modifie ce qui arrive, ce qui va impacter sur le comportement de chacun et de nouvelles possibilités émergent.

Question 3 : QU’EST-CE QUE CELA T’APPORTERA DE PLUS IMPORTANT ENCORE POUR TOI ?

Cette question sonde la motivation profonde et l'alignement entre le corps et l'esprit. Un objectif imposé par l'extérieur ou »sa bonne conscience » est souvent moins efficace qu'un désir moteur personnel. Le coach ou le thérapeute observe ici la congruence : le langage corporel doit valider l'enthousiasme exprimé par les mots.

Proposant de l’hypnose, je reçois des personnes qui viennent pour maigrir. Lorsque la réponse est « c’est le médecin qui me le demande car je suis trop en surpoids », je sais déjà que nous allons devoir travailler son objectif réel. Une personne alignée avec sa demande va sourire de tout son visage en se voyant déjà avec une autre silhouette. Elle s’imagine le résultat et le vit pleinement. Et elle me donnera spontanément au moins 5 raisons validant son choix d’agir.

Dans beaucoup d’accompagnement PNL, le thérapeute ou le coach prenne toujours le temps de passer des réponses « mentales et réfléchies » à l’analyse des réponses du corps. Une personne peut vous dire OUI alors que tout son corps dit NON. Dans ce cas, c’est la lecture du corps qui prime.

Cette question va permettre à la personne de se connecter à son objectif. Il est très important d’écouter et noter toutes ses bonnes raisons de le réussir, qu’elle s’entende les dire pour booster sa motivation et de calibrer qu’elle est en accord tête/corps/cœur.

Question 4 : A QUOI SAURAS-TU QUE TU AS ATTEINT TON OBJECTIF ?

Cette question apporte souvent des réponses inattendues.

Par exemple, une personne va définir qu’elle a trouvé un nouvel emploi quand son interlocuteur va lui dire « c’est bon, je vous engage » alors que pour d’autre, ce sera au moment où elle fera son premier jour dans l’entreprise. Ou encore quand elle recevra la première feuille de paie. A chacun son critère d’évaluation de la réussite de l’objectif. Autre exemple : la signature d’un nouvel appartement. Pour certains, la signature est le jour de la signature, pour d’autres, le jour où ils récupèrent les clés tandis que pour une autre personne se sera la première nuit passée dans l’appartement…

Cette question est importante car elle va permettre de faire visualiser à la personne toutes les actions nouvelles que la personne va devoir faire pour atteindre son objectif.

Pour chaque action, on peut poser la question à la personne : et que ressens-tu quand tu fais ceci ou cela pour valider la motivation à chaque étape du parcours.

Question 5 : IMAGINE QUE TU AS RÉUSSI TON OBJECTIF, CELA PEUT REPRÉSENTER QUELS INCONVÉNIENTS ? POUR TOI ? POUR LES AUTRES ?

Cette question sur l’écologie de l’objectif – et on s’intéressera également à l’écologie des ressources mobilisées pour réussir l’objectif – est essentielle.

A ce stade du questionnement, l’objectif premier est très souvent remis en question et doit être affiné voir changé.

Je me souviens d’une personne qui voulait ouvrir une boulangerie. Elle avait le local, l’outillage, le métier et les compétences. Mais elle ne se lançait pas. A cette question, elle a répondu « ah oui je ne veux pas travailler ni le samedi ni le dimanche ». Or dans le petit village où elle pensait s’installer, il était indispensable que son commerce soit ouvert le week-end. Au final elle a pris la gérance d’une boulangerie intégrée dans un supermarché. Elle a pu faire ce qu’elle voulait tout en étant libre les week-ends.

Parfois la personne n’atteint pas son objectif pour une raison plus « cachée".
Je me souviens d’une femme qui se plaignait que sa carrière stagnait alors que ses employeurs étaient tous très contents de son travail et de son implication. A cette question, elle m’a répondu : « mon mari serait vexé car il est ouvrier et gagne déjà moins que moi. Et il le vit mal ».

Parfois l’inconvénient concerne l’entourage. Il s’agit aussi de l’identifier. Par exemple une dame était tout sourire à l’idée d’emménager en Province. A cette question, elle s’est rembrunie et m’a dit « ah non, je n’irai pas. Mes enfants n'accepteront pas que je m'éloigne d'eux ».

Pour beaucoup, cette question est le moment où l’objectif de départ est à revoir…

Question 6 : QU’EST CE QUI T’EMPÊCHE DE RÉALISER TON OBJECTIF ? DE QUOI AS-TU BESOIN ?

Cette dernière question va permettre d’identifier pourquoi la personne n’a pas réussi jusqu’à maintenant et d’identifier une réelle impossibilité.

« Je vais reprendre des études pour devenir pilote de ligne. Ce qui m’en empêche ? Le coût exorbitant de l’école ». l’objectif va devenir « qu’est ce que je mets en place pour pouvoir financer ces études onéreuses ? ». Dans un autre registre : les personnes seules qui voudraient faire une rencontre amoureuse sérieuse ont souvent des empêchements majeurs. « Je travaille 70 heures par semaine. Quand je rentre, je mange un bout puis dors. Je n’ai pas le temps pour converser en ligne, sortir avec des amis et même fréquenter une femme ». l’objectif premier pour cette personne sera probablement d’intervenir sur son agenda pour y faire de la place pour ouvrir sur des rencontres.

Mais les obstacles ne sont pas qu’externes. Ils peuvent être aussi liés à des croyances limitantes. Par exemple « dans la famille, personne n’a jamais gagné plus que le SMIC ». Ou encore « Je ne suis pas douée pour les mathématiques. Je ne serai jamais vétérinaire »…

Le thérapeute va guider la personne pour mettre en veille ces croyances qui ne sont plus utiles et s’appuyer sur les valeurs, les talents, les compétences de la personne et sa motivation pour qu’elle accède à des ressources aidantes.

Si l’obstacle est une peur, il faudra d’abord la traiter. Par exemple, j’ai peur des insectes mais je veux devenir garde champêtre… Un travail sur les phobies – peut-être rattachées à un traumatisme – sera nécessaire pour concrétiser ce projet.

En conclusion

Le modèle de l’objectif fait prendre conscience à la personne quel est son véritable objectif.

Elle comprend également qu’elle va devoir AGIR sur elle et par des actions concrètes différentes de ce qu’elle fait aujourd’hui pour y arriver.

C’est une stratégie de changement et comme tout changement il y a un coût à évaluer et des efforts à faire pour y parvenir. Au bon rythme dans le temps et l’espace pour la personne.

Le coach ou le thérapeute ont un rôle majeur pour aider la personne à clarifier ses choix puis l’accompagner pas à pas avec bienveillance, écoute et soutien vers la réalisation de son objectif. En gardant la vigilance sur l’écologie de celui-ci et des moyens mis en œuvre pour le réussir.


Lire les commentaires (0)

Articles similaires


Soyez le premier à réagir

Ne sera pas publié

Envoyé !

Derniers articles

"Le lien n’est pas la relation - Conférence organisée par Angélique Gimenez et Daniel Rigaud

15 Juil 2026

"Le lien n’est pas la relation" - Illustration avec le cas des TCA (troubles de la conduite alimentaire) Conférence NLPNL du 09.07.2027
«Le lien n’est pas la...

Eloge de l’optimisme – Philippe Gabillet

07 Juil 2026

Très sympa de découvrir – pourtant cela date de 2010 – cette vidéo ELOGE DE L’OPTIMISME
par Philippe Gabillet.
Avec humour et s’appuyant sur des études scien...

Catégories